Voyage Intérieur

Une Longue Nuit

le 04/01/2008 à 22h49

Ces jours-ci je me suis mise à vider mes tiroirs, plus précisement le dossier textes à revoir. Certains finissent directement à la corbeille, d'autres sont revus et des fois terminés et finissent ici dans la rubrique "Tranches de Passé"

Je vous livre aujourd'hui un texte écrit en décembre 2006 et qui devait être le début d'un roman. Je voulais essayer, j'ai essayé....   mais juste essayé.

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Il était tard mais Frances n’arrivait pas à trouver le sommeil. Etendue sur son lit depuis maintenant trois heures elle avait envie de mettre fin à cet inconfort. Elle ne se sentait pas bien, elle tournait et retournait mais le sommeil ne venait pas à elle. Elle alluma la lampe et décida, en voyant le paquet de cigarettes sur la table de chevet, de se lever pour en fumer une.


Debout son corps était moins douloureux. Elle s’étira en s’approchant de la fenêtre. Il faisait chaud, ses mains étaient moites et son front perlait. La première bouffée de fumée eut pour effet de la détendre, elle la savoura, la garda longtemps dans ses poumons avant de la rejeter en direction de la fenêtre. La nuit était étrangement calme. Pas un bruit.


Sa cigarette finie elle partit se recoucher. Elle n’étendrait pas la lumière, elle allait essayer de lire. Elle se sentait tendue, tendue et fatiguée. Ses amis lui manquaient de plus en plus. Seules les visites du samedi matin étaient encore un lien avec le monde extérieur. Elle scrutait le plafond, ce plafond qu’elle connaissait maintenant dans les moindres détails. Si au moins elle avait la télévision ici….


Ses yeux se posèrent cette-fois ci sur la pendule. Il était exactement 3 heures et 18 minutes. Elle attendrait le lever du jour et essayerait de dormir après. Les bruits de son petit espace devenaient perceptibles : le robinet qui perdait depuis son arrivée, la pendule, le lit qui grinçait à chaque fois qu’elle se tournait…. Elle entendait même le bruit lointain de l’autoroute. Des pas dans la cour ! Frances, qui ne se demandait plus ce que ça pouvait être, ne se leva même pas pour aller regarder par la fenêtre. Elle n’était pas sortie depuis deux semaines, depuis qu’elle avait entamé sa grève de la faim. Sa colocataire, comme elle aimait appeler Karla, avait essayé de lui faire arrêter sa grève mais Frances refusait obstinément. Elle buvait de l’eau, rien que de l’eau. Le médecin avait réussi à lui faire arrêter sa grève de la soif au bout de trois jours. Karla n’était plus là maintenant et elle lui manquait. Leurs discussions étaient souvent animées mais amères. Au début elles ne se parlaient quasiment pas. Frances avait eu du mal à accepter une noire dans son petit espace vital. Après le viol, Karla l’avait soutenue et l’avait encouragée à porter plainte. C’est grâce à elle si Frances avait trouvé le courage de dénoncer les coupables, c’est grâce à elle aussi si Frances avait pris la décision d’entamer sa grève.


« Plainte pour agression sexuelle et atteinte à la dignité » . Et depuis rien, les coupables avaient nié. Comment prouver une agression sexuelle d’une femme sur une autre femme ? Son avocate lui avait expliqué que c’était pour cette raison qu’elle devait aussi porter plainte pour atteinte à la dignité.
La grève de Frances n’avait même pas fait l’objet d’un article dans le journal local. Personne à Danbury ne s’émouvait de son geste. Cette ville, marquée par le centre pénitentiaire, était devenue insensible à tout, à tous, c’était quasiment dans l’air ambiant. La prison faisait vivre la ville, tout le reste était devenu secondaire.

Il était maintenant 5 heures et 13 minutes. Frances n’avait toujours pas réussi à dormir. Elle se sentait fébrile et son pouls s’accélérait à chaque fois qu’elle entendait le bruit des pas dans la cour. Elle savait très bien ce qui se passait, comme toujours, au milieu de la nuit. Tout le monde le savait ici à Danbury et dans tout le pays. Elle prit le livre sur sa table de chevet et se mit à lire. Page 23. Vingt-trois pages en trois semaines ce n’était pas beaucoup mais elle n’arrivait pas à lire plus vite. Elle le referma, elle n’arrivait pas à se concentrer sur la lecture puis, de toutes façons elle ne comprenait rien à ce roman. L’art d’aimer, Erich Fromm. C’était bien la première fois qu’elle n’arrivait pas à lire un bouquin, de surcroît un bouquin d’un romancier inconnu. Elle n’a rien vu de lui quand elle s’occupait de la bibliothèque. Quand elle l’a ramassé dans la cour elle a été tentée de le déposer près de la porte mais finalement elle a décidé de le garder, elle n’avait plus rien à lire pendant ses longues nuits blanches. Erich… l’orthographe du prénom avait quelque chose d’exotique et elle se mit à rêver de beau suédois ou finlandais ou pourquoi pas danois. Frances rêvait souvent d’européen à la peau douce et laiteuse, elle imaginait sa peau mate contre la pâleur des hommes nordiques. Elle n’imaginait les européens que comme ça, en faisant abstraction totale des méditerranéens aussi mats qu’elle la piquante sudaméricaine. N’empêche que le livre ne la faisait pas rêver du tout et qu’il ne l’aidait pas à s’endormir non plus.


Le jour commençait à se lever et Frances sentait l’air autour d’elle se réchauffer encore. Il n’y avait qu’un seul mot : canicule. Elle se leva pour aller remplir sa bouteille d’eau. Sa cinquième de la nuit. Un litre à l’heure. C’est grâce à ça qu’elle tenait encore le coup. Elle but une gorgée et fit une moue, l’eau était tiède, elle coulait tiède… Elle s’allongea à nouveau et son lit lui parut encore plus dur. Elle avait mal partout, elle sentait les ressorts du matelas sur ses os comme si ces derniers étaient à nu. Frances avait perdu beaucoup de poids en deux semaines, ses rondeurs gracieuses avaient disparu et son visage était creux. On ne voyait que ses grands yeux noirs briller dans la semi-obscurité. Elle essuya la transpiration sur son front et ferma les yeux. Son cœur battait vite et fort. Frances s’employa à respirer profondément pour se détendre. Elle sentait l’air emplir ses poumons puis son ventre. Elle expirait très lentement. Il n’y avait plus de bruit dans la cour. Les bruit de l’autoroute paraissait s’éloigner et le robinet avait fini de goutter. Frances s’endormit enfin. Il était 6 heures.

Emmy 4.01.08

Intimité Anonyme

le 04/01/2008 à 01h20

Il y a quelques jours, je suis partie me promener un livre sous le bras. J’ai choisi un banc au soleil et j’ai commencé à lire. En me levant j’ai vu un papier froissé juste à côté du banc. Curieuse, je l’ai défroissé et je l’ai lu . Je vous transcris le contenu qui m’a quelque part intriguée.

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Ah non ! J’en suis sure, notre anniversaire c’est le 25 mai ! Tu sais, il y a des dates qui ne s’oublient pas. Comme des yeux, comme des voix, comme des peaux qui ne s ‘oublient pas non plus. Cette sensation de ne faire qu’un. Dangereuse, certes, mais j’aime le danger…. Ah non ! Je me la joue fatale là ! Ce n’est pas futé de ma part, tu me connais trop bien et tu sais que ce n’est pas du tout moi. Pourtant, je suis sure que tu aimes les femmes fatales, les femmes distantes qui t’en font baver « un max » comme disent les « djeuns ».

Bon ! Passons aux choses sérieuses maintenant. Analysons :

Constat ( de ta part) : je marche dans ta tête, tu m’as dans la peau, tu m’aimes !
Demande ( de ta part ) : te soigner, te faire soigner ( faudrait que tu sois plus clair ! tu veux que je te soigne ? )
Proposition ( de ma part) : passer à l’étape suivante.

Il ne faut jamais laisser traîner aussi longtemps les choses ! L’amour, comme les bisous, le lait maternel et les huîtres , nécessite une garantie de fraîcheur absolue.

Reste à constater que malgré le temps le notre est encore de première fraîcheur. Explications ( rationnelles bien sur ) : malgré le fait d’être un vieux couple je te fais encore de l’effet ( ah tu as eu peur là ! Tu as cru que j’allais le dire avec tes mots ? )
A bien y réfléchir les pauses ont été longues et fréquentes. Notre amour n’est pas usé par la routine.

Solutions ( proposées par moi à ta demande ) :
Tu perds le fil ? Je reprends, « passer à l’étape suivante ».
D’accord je développe, ou je conjugue, comme tu préfères.

Soit : je disparais et tu cesses de penser à moi.
Soit : nous passons à l’amitié ( simple ! ) et tu cesses de penser à moi aussi ou plus précisément tu apprends à penser à moi différemment.
Soit : nous passons à la vitesse supérieure.

Une condition, la solution choisie doit nous convenir a tous les deux.

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J’aurais aimé connaître la suite.
Dans tous les cas je n’ai pas eu envie de reprendre ce texte anonyme comme mien ni de lui donner une fin.

Emmy 3.01.08



Image : Zyeuter.com / Titre : Ecrire notre histoire

Pour faire parler les gens

le 02/01/2008 à 21h38

 

Arrêtez ! Vous ne voyez pas que vous allez tout faire tomber ?

Nina n’en pouvait plus de se lever tous les matins à trois heures. Quelques mois après la fin de ses études en voyant qu’elle n’arrivait pas à trouver un poste de secrétaire d’accueil, elle décida de travailler avec ses parents. Après tout elle leur devait bien ça. Ils avaient embauché trois vendeuses depuis deux mois et aucune n’avait résisté au-delà de la période d’essai. Elles ont trouvé le travail trop pénible.

Aujourd’hui aussi elle était débout à trois heures, prête à trois heures et demi pour accompagner son père au marché de gros. Il fallait y être de bonne heure si on voulait avoir de la bonne marchandise. A quatre heures ont pouvait encore choisir. Et la qualité c’est ce qui avait sauvé l’affaire de ses parents à l’heure ou les gens ne font plus leurs courses que dans les supermarchés.


Danielle et Sylvian étaient marchands des quatre saisons. Un tout petit magasin dans un quartier populaire de la ville et une camionnette qui leur permettait de faire les marchés. Danielle gérait le magasin et Sylvian faisait les marchés, aidé par sa mère tant qu’elle avait été valide. Mamie Yvette ne pouvait plus faire les marchés depuis bientôt deux ans. Sylvian avait embauché une jeune vendeuse qui les a quittés à la naissance de son premier enfant. Depuis, il n’était pas arrivé à en trouver d’autre.

Arrêtez, je vous dis !

Nina s’énervait ce matin. Elle était épuisée. Heureusement elle allait pouvoir dormir demain. Un seul jour de repos par semaine était loin d’être suffisant.
Une bonne femme mal fagotée s’entêtait à vouloir attraper les pommes du dessous. Nina eut envie de la baffer. La femme a du le sentir et en posant la corbeille, est partie faire ses courses ailleurs.

Une de perdue, dix de retrouvées, se dit Nina. Et en effet, le marché commença à s’animer. En ce début d’été il fleurissait de couleurs et de senteurs. Nina avait dressé consciencieusement l’étal, des pyramides pour les fruits, des lignes pour les légumes, en tenant compte des mouvements du soleil au long de la matinée afin de préserver les légumes les plus fragiles.

Elle regrettait qu’il n’y ait quasiment plus de salade frisée. La laitue était bien trop fragile en cette saison. Elle aimait la batavia mais pas ses clients. Laitue blonde, feuille de chêne, roquette et mâche de louviers. Les tomates bien rouges et charnues jouxtaient les poivrons verts et les aubergines. Quelques courgettes, des concombres, de belles carottes et des oignons tendres. Tout ce qu’il fallait pour le bonheur d’une assiette de salade.

Côté fruits : pommes, pêches, nectarines, brugnons et abricots. Dans un panier en osier, les plus belles cerises que Nina avait vu depuis le début de la saison. Noires et odorantes elles appelaient à la gourmandise.

Bananes, ananas et caramboles pour une note exotique. Ils auraient même pu acheter du raisin du Chili mais ils se sont abstenus. L’automne se chargera de leur emmener des raisins de pays, plus sucrés et plus juteux.

Pommes de terre, oignons, échalotes, ail et persil. Il est fini le temps des soupes ou navets et céleri branche égayaient le coin des légumes « pas nobles ». Quand Sylvian entendait Nina prononcer ces deux mots il piquait sa colère. Il lui demandait systématiquement pourquoi les pommes de terre ne seraient pas nobles et lui parlait du gratin de Mamie Yvette. Nina en profitait pour taquiner son père, déjà énervé, au sujet de l’origine de son prénom.

C’est avec une bouche pleine de patates que Mamie a choisi ton prénom ? Sylvain oui mais pas Sylvian !!!

Sylvian éclata de rire. Il en avait fait couler de l’encre ce prénom. Il n’a jamais croisé d’autre Sylvian de sa vie. Quand on lui demande pourquoi Sylvian et non Sylvain il répond « pour faire parler les gens ».

Emmy 2.01.08



Amour et Passion

le 02/01/2008 à 21h28

Brenda épousait finalement John !

Dehors il faisait une chaleur caniculaire. Monique regardait comme tous les jours « Amour et passion » à l’abri de sa climatisation flambant neuve. Comment sortir par une chaleur pareille ! Même les chats restaient à l’ombre et se seraient faufilés dans la maison si elle les avait laissé faire. Mais il n’en était pas question. Son premier chat, Gaspard, eut le droit de vivre à l’intérieur mais depuis qu’elle avait commencé à s’occuper des chats errants de sa ville, elle ne pouvait pas se permettre de les laisser entrer. Elle avait fait construire un abri de jardin suffisamment grand pour qu’ils y soient à l’aise. Elle avait fait recouvrir le sol de sable et fait percer quelques chatières par-ci par-là de façon que l’accès leur devienne facile.
Monique leur rendait visite deux fois par jour pour leur donner à manger et s’assurer qu’ils avaient de l’eau en quantité suffisante.

Quelle fête somptueuse ! Trois cents invités, traiteur et deux orchestres, classique pour la cérémonie et le repas, variétés pour l’après. Décidément ces américains savaient y faire. Surtout les riches. Elle se disait que tout cela était bien loin de la réalité, de sa réalité, mais elle avait du mal à décrocher de cette histoire qui pourtant avançait trop doucement.

De toutes façons il faisait trop chaud pour profiter du jardin et puis, elle n’avait pas envie de voir du monde. Pour s’entendre dire « mémère aux chats » ce n’était pas la peine. Tout le quartier l’appelait comme ça maintenant et bientôt toute la ville, se disait-elle. Monique s’en moquait ! Du moins elle le faisait entendre haut et fort comme ça.

Le champagne coule a flots ! Elle n’avait jamais vu autant de variétés d’amuse-bouche ! Et les boissons ! Toute sorte de cocktails servis par des barmans en tenue blanche. Ca fait quand même rêver ! Puis que de beaux barmans !
Et les tables ! Elle n’en avait jamais vu d’aussi belles. Des tables rondes pour six ou peut-être pour huit, drapées de nappes ivoire et grenat, garnies de fleurs, de cristal et de porcelaine d’une blancheur immaculée.

On sonne !
Monique hésite, elle ne voudrait pas rater la première danse, celle de la mariée avec son père. Le rôle du père est tenu par l’acteur le plus distinguée de la série.

On sonne encore !
Il va falloir aller ouvrir, se dit-elle. Qui peut bien être à cette heure-ci et avec une chaleur pareille ! Comme s’ils ne savaient pas que je regarde « Amour et Passion » !

Finalement elle se lève, un œil rivé sur la télévision pour ne pas rater le père et va ouvrir la porte. Personne. Elle se dit que les gens n’ont plus de patience de nos jours.

Ah le voilà ! Il est non seulement beau mais distingué. L’autre soir, quand elle a voulu en parler à sa fille au téléphone, Monique a été incapable de lui donner son nom. Si seulement elle était plus jeune, elle pourrait même en tomber amoureuse.

Il danse comme un roi et il regarde sa fille attendri. Ils ont les yeux bleus tous les deux. Monique a toujours eu un faible pour les yeux bleus. René, son défunt mari, avait des yeux d’un bleu limpide, gais et brillants. C’est peut-être pour cela que ses chats préférés sont les siamois. Elle en a un couple en ce moment. La femelle devait être pleine quand Monique les a recueillis, elle a eu une portée de quatre petits siamois qui ont été placés sans problème. Comment ne pas craquer devant des yeux aussi bleus ?

Ils tournent autour de la piste dans une valse parfaite. René n’aimait pas danser. Monique se sentit frustrée pendant longtemps. Si par hasard elle acceptait de danser avec quelqu’un d’autre elle n’y prenait pas vraiment du plaisir. Elle aurait tant aimé que René la fasse danser !

Monique se retourne en entendant la porte s’ouvrir. Elle proteste, elle veut terminer de regarder « Amour et Passion » mais l’infirmière s’y oppose. Elle ne veut pas bouger, elle rétorque qu’après le feuilleton elle doit aller nourrir les chats.

L’infirmière la prend par le bras, la fait se lever et sortir de la chambre.

Allons, Madame Marin, cet épisode vous le connaissez par cœur et vos chats sont très bien là où ils sont. Par contre, votre chocolat refroidit, lui !

Monique se laisse faire, une larme coule le long de sa joue.



Emmy 02.01.08


Une sur Deux

le 02/01/2008 à 21h13

 

Une sur deux

Le soleil de l’après-midi illumine le square. Vincent est là avec Bonzo, son royal bâtard comme il l’appelle. Il y a des jours ou il se dit que si Bonzo n’était pas là il resterait cloîtré chez lui, à garder cette maison qui lui échappe au fur et à mesure que le divorce se règle. Et dire qu’il a passé des années entières à la restaurer, à la décorer. Et dire qu’il a laissé de côté ses passions pour pouvoir rendre cette maison non seulement habitable mais accueillante pour sa femme et ses enfants. Plus maintenant, il se sent presque coupable de ne plus l’entretenir depuis qu’elle est partie. Son foyer n’existe plus. La mère de ses enfants n’est plus là, elle est partie avec un autre. Vincent ne s’est rendu compte de rien jusqu’au jour ou il l’a trouvée devant la porte avec ses valises bouclées pour lui dire au-revoir.

Il venait de terminer les travaux de la véranda. Il était content d’avoir réussi à agrandir un peu leur espace de vie.

Quelques semaines après son départ, il a trouvé Bonzo. C’est en partant à la pêche qu’il l’a aperçu couché sur le bas-côté de la départementale. Il s’est arrêté. Le chiot ne bougeait quasiment pas. Il l’a cru malade mais il était simplement affamé et effrayé. Ce furent les mots du vétérinaire de la SPA. Il leur a laissé le chiot et il est reparti.

Il a passé le reste de la matinée à penser à ce pauvre chien qui avait sans doute été abandonné quelques jours auparavant. Il n’avait que deux mois, peut-être moins. Il n’a pas pu ou pas voulu résister. Vers quatorze heures il est parti avec la ferme intention d’adopter le chiot et en espérant que quelqu’un d’autre ne l’avait pas déjà fait.

Vincent sentait son cœur battre, il était sur que les garçons allaient adorer !

En arrivant au refuge, il sentit le stress monter en lui. Et s’il n’était plus là ?
La personne qui assurait l’accueil avait changé. Il faillit faire demi-tour.
Etait-ce vraiment une bonne idée ? Il s’approcha de l’accueil et après avoir salué la jeune fille qui lui faisait face, il expliqua le motif de sa visite.

La réceptionniste appela le vétérinaire qui parût ravi de revoir Vincent. Il fût vraiment ravi quand celui-ci lui fit part de son intention d’adopter le chiot trouvé ce matin là.

Une heure après Vincent repartait Bonzo dans ses bras. Les débuts furent difficiles. Le chiot commença par faire pipi aussitôt monté dans la voiture. Heureusement il ne s’en aperçut qu’une fois arrivé chez lui. Il grogna, il essuya et mit Bonzo dans le garage avant d’aller vérifier si les enfants étaient rentrés du foot.

Ils n’étaient pas encore là mais ils ne devraient plus tarder. Et voilà que maintenant il commençait à douter de l’accueil que les garçons allaient réserver à Bonzo. Décidément tout ceci devenait compliqué. Il venait d’adopter un chiot qui avait commencé par pisser dans sa voiture et il ne savait même pas si ses enfants allaient aimer.

Le bruit du portail annonça l’arrivée des enfants. Vincent cessa de se questionner et laissa partir Bonzo qui, attiré par la conversation, fila direct vers les enfants.

Adoption immédiate ! Vincent les rejoignit avec un sourire. Il savait bien qu’il n’aurait pas du douter au dernier moment mais il était comme ça, anxieux de nature.

Maintenant que les enfants passaient une semaine sur deux chez leur mère, Bonzo était la seule présence, le seul être vivant qui savait lui donner, jour après jour, la sensation de servir à quelque chose. Des fois, il ne se faisait même pas à manger mais il n’oubliait jamais Bonzo, ce petit bout de chien qui l’aidait à s’accrocher à la vie même quand elle lui paraissait bien trop triste et bien trop vide.

Une semaine sur deux ! C’est ce que le juge avait décidé. Pourtant Vincent s’était battu pour avoir la garde exclusive des enfants.

« Elle est partie du jour au lendemain, Madame le juge ! Elle n’a même pas attendu que les enfants rentrent du collège. Elle ne les a même pas embrassés ! Elle ne nous a rien expliqué Madame le juge ! Elle nous a plantés là, seuls ! Plus de mère, plus personne jusqu’au jour ou vous nous avez convoqués pour la conciliation ! Le reste vous le savez, Madame le juge ! Dès que j’ai demandé la garde des enfants, de mes enfants, qu’elle n’avait pas revu depuis trois mois et demi, elle a refusé et elle est partie. C’est à moi de les garder, elle ne mérite même pas le droit de visite. »

Le juge n’a rien écouté, se dit Vincent. Comment peut-on confier la garde de deux adolescents à la femme qui les a abandonnés pour suivre un amant de passage ?

Bonzo aboie. Vincent voit le gardien arriver au loin. Le square va fermer. Plongé dans ses pensées n’a pas vu passer l’heure. Il est dix-sept heures trente. Janvier. Cela fait deux ans qu’il ne voit ses enfants qu’une semaine sur deux.



Emmy 02.01.08

Le Temps

le 02/01/2008 à 20h33


Qu'est-ce que ça passe vite une année !

Bonne Année !

le 01/01/2008 à 19h38

Barbara

le 01/01/2008 à 17h22
Barbara



Barbara ouvre les yeux. Il est toujours là. Roman dort paisiblement à côté d’elle. Son souffle caresse doucement son visage. Elle se rapproche de Roman, elle voudrait que leurs souffles de mélangent. Le réveil affiche huit heures et trente deux minutes. Elle se souvient qu’ils se sont endormis vers cinq heures.

Barbara rêve, ou plutôt non, elle se demande pourquoi tout est allé si vite. Elle ne connaît Roman que depuis quelques jours et pourtant ils viennent de passer la nuit ensemble.  Elle frissonne en pensant à la sensualité que dégage ce quasiment inconnu.  Comment a-t-elle pu s’abandonner à ses caresses ? Comment a-t-elle fait pour se donner à lui dans les étreintes de la nuit passée ? Barbara nage dans un bonheur inattendu. Elle est étendue tout contre un magicien ou, qui sait, un sorcier qui l’a complètement envoûtée.

Elle ne sait plus si elle a envie de le voir se réveiller ou si elle en meurt d’envie.

Comment vont-ils se regarder après cette nuit ?

Roman ouvre doucement les yeux. Il lui sourit. Un sourire béat, pense-t-elle, en lui souriant à son tour. Ils s’enlacent, ils s’embrassent. Ils ne se parlent pas. Leur seul peau à peau leur suffit pour l’instant.

Roman se lève. Barbara feint le sommeil, s’étire, se love dans le creux du lit. Elle s’assoupit et c’est l’odeur du café qui l’éveille en titillant ses narines. Ca sent bon le café et les tartines grillées et beurrées.  Est-ce que Roman aime le beurre demi-sel ? Drôle de question ! Barbara rigole amusée par ses idées au réveil.  Est-ce vraiment important ? Elle décide que oui. Elle voudrait que Roman aime le chocolat noir et le beurre demi-sel.

Elle se dit que c’est bien d’avoir Roman dans sa vie. Elle se dit que c’est bien de se lever en ayant des certitudes. Barbara rejoint Roman dans la cuisine. Elle se dit que ça fait trop longtemps que personne ne lui a préparé un petit déjeuner avec autant de soin.

Il est là, tout sourire et tout douceur. Il l’embrasse et l’invite à s’asseoir tout près de lui. Lui sert un grande tasse de café brûlant et lui présente deux magnifiques tartines. Le beurre sent bon la noisette. Barbara porte une tartine à sa bouche : c’est du beurre demi-sel !!!

 

Emmy septembre 2007.

Je

le 01/01/2008 à 17h16
Je…

 
Je ne sais pas si l’amitié

Peut devenir amour
 

Je ne sais pas grand chose en fait

Sinon qu’un jour d’octobre

Tu m’as ouvert ton cœur

Donné ton corps

Et depuis nos regards

Ne sont plus morts

Je ne sais pas si la vie

Va devenir amour

Si l’amour va devenir vie

 

Je ne sais pas grand chose en fait

Sinon qu’un jour d’octobre

Sous le soleil chaud-froid de nos vies

Nos corps se sont unis

Dans une étreinte

Forte et tendre

Est-ce de l’amour ?

Je ne sais pas

 

Je ne sais pas grand chose en fait

Sinon qu’un jour

Il sera octobre toute l’année

 

Emmy 01.01.08

 

URGENT

le 12/09/2007 à 13h27



URGENT


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