Voyage Intérieur

Aujourd'hui

le 23/10/2006 à 22h54

"Enfants, vous aviez des rêves"

le 01/10/2006 à 18h47

Vendredi 29 septembre 18 heures 30

« Ou sont passés tes rêves d’enfant ? Te souviens-tu quand petite fille tu fermais tes yeux en rêvant d’être un jour médecin ? Te souviens-tu un peu plus tard de tes rêves de prince charmant ? Des premiers émois en regardant les yeux de Nicolas ? Te souviens-tu, Cécile, des heures passées à rêver nos vies? Te souviens-tu des serments d’amitié éternels prononcés tous les soirs avant de dormir quand nous partagions la même chambre à l’internat?

Dis-moi que tu te souviens Cécile ! Dis-moi quelque chose! Envoie-moi un seul signe, donne-moi enfin un signe de vie. Ou est tu partie mon amie? Ma seule confidente, ma seule amie de cœur, ma sœur.. Ou est tu partie? Dans quels rêves est-tu plongée? Nous nous étions promises de ne jamais rêver l’une sans l’autre, souviens-toi! Nous nous étions promises de jamais nous quitter! Reviens-moi Cécile, reviens-nous ! Je t’en prie! Au nom de notre amitié, au nom de la vie, au nom de nos rêves.

Tes rêves vont se réaliser. Tu seras médecin Cécile et ton prince charmant il est toujours là. Il t’aime ton Nicolas, au moins aussi fort que tu l’aimes. Je sais que tu peux m’entendre, je sais que tu peux sentir ma main, je sais que tu peux percevoir les battements de mon cœur. Cécile, écoute-moi : Je connais tes rêves depuis notre plus tendre enfance. Cécile, écoute-moi : c’est Audrey ton amie qui te parle, qui te supplie de nous revenir. »

- Mademoiselle ! L’heure des visites est finie. Il faut la laisser maintenant. Bien sur que vous pouvez revenir demain et après demain aussi et autant que vous le voudrez.

Audrey quitta l’hôpital les larmes aux yeux. Elle était la seule qui continuait à rendre visite à Cécile depuis ce terrible accident qui l’avait plongée dans un coma profond. Carole ne savait pas que ses parents avaient péri dans l’accident, Audrey n’avait pas osé, n’oserait jamais le lui dire. Nicolas n’avait plus la force de continuer à rendre visite à son aimée, il avait du mal à croire à ce réveil pourtant si attendu. Cécile entendait vraiment ses mots ? Ses visites servaient-elles vraiment à quelque chose ? Audrey portait en elle non seulement ses propres rêves mais aussi ceux de Cécile, elle s’en sentait responsable. Elle avait même ajouté un rêve à tous ceux qu’elles partageaient en se les confiant. Elle rêvait du jour ou Cécile sortirait enfin de son coma, du jour ou la vie reprendrait quasiment comme avant. Un rêve d’adulte pour que les rêves d’enfant deviennent enfin réalité.


Emmy
01.10.06

En réponse au Sujet 75 Blog tertulia






Oyez Oyez Braves Gens !

le 16/09/2006 à 22h08

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Un simple coup de fil

le 15/09/2006 à 21h56


Un simple coup de fil


- Allô !
- Carole ?
- Ecoute, je vais être directe mais il faut qu’on se sépare. Je vais te quitter, ça ne peut plus durer, on ne peut plus rester ensemble.

C’est ce qu’elle m’avait dit ce mercredi midi alors que je l’attendais avec un bœuf strogonoff préparé avec amour. Carole travaillait le mercredi matin et pas moi. Cette différence perturbait un peu nos week-ends, c’est pour cela que depuis que nous avions emménagé ensemble nous cherchions à travailler soit dans la même école, soit dans deux écoles ayant le même emploi du temps.

J’étais sidéré.

- Carole, mais qu’est-ce que tu racontes ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

-  On va se quitter.

-  Mais ce n’est pas possible ! Tu ne te rends pas compte dee ce que tu dis ! C’est pas fini ! Pas comme ça Carole… Tu veux dire qu’on ne se reverra plus ?

-  Oui

Je me sentais flotter dans l’espace de ce petit appartement comme dans l’espace sidéral, en apesanteur. Elle n’était même pas là pour que je la prenne dans mes bras, elle n’était même pas là pour m’expliquer face à face les motifs de cette décision aussi soudaine que surprenante. Mes pensées évoluaient à présent dans le brouillard épais du doute et de l’incertitude. J’étais en apesanteur, choqué, je flottais dans l’inconcevable. Je me sentais comme un arbre déraciné. Et elle n’était même pas là en face de moi pour que je puisse la secouer pour la ramener et moi avec à la réalité. Que s’était-il passé ?
Je ne pourrais jamais vivre sans elle. Comment pouvait-elle balayer d’un revers de sa main cinq ans de notre vie ? Comment pouvait-elle effacer d’un simple coup de fil trois ans de vie commune ?
Je n’ai même pas su hurler dans le combiné qui venait de me précipiter dans l’abîme sidéral. L’angoisse était là à présent. L’angoisse du cosmonaute lâché dans l’espace sans sa réserve d’oxygène. Je dérivais, sans port, sans amarres dans un monde en carton pâte qui s’effondrait après un simple coup de fil. J’avais envie de pleurer….
Je me souvint subitement de Monsieur Marty, mon instituteur de CE2, un être adorable, un papy, qui se tuait encore à nous expliquer que les garçons ne devaient pas pleurer. J’avais envie de pleurer quand je l’entendais dire ça. Mais quelque part j’étais marqué par ses mots et je n’arrivais pas à pleurer, même pas maintenant.

- Carole ?

La tonalité à retenti et j’ai senti le goût de la solitude monter dans ma bouche. Un goût acre et absurde. Je sentais mes jambes devenir molles et le sol se dérober sous mes pieds.

J’ai revu son visage chiffonné du matin au réveil, sa chevelure posée sur l’oreiller. Plus jamais je ne passerais mes doigts sur sa joue, plus jamais je ne sentirais sur ma peau son souffle doux et chaud, plus jamais son regard ne m’effleurerait…

Son absence s’installa comme une douleur sourde. La colère s’est levée, la haine ! Je la haïssais autant que je l’aimais . Je comprenais aussi à quel point je l’aimais et je réalisais brusquement le peu de fois que je le lui avais dit. Je n’avais pas su prendre conscience de chaque instant, je n’avais pas su déguster le bonheur qui m’était donné. En ce mercredi d’avril il était trop tard, beaucoup trop tard.

Je ne voulais pas que toutes ces images deviennent des souvenirs. Je voulais tout conserver, tout retenir. Les interrogations se pressaient dans mon esprit. Qu’est-ce que j’avais aimé chez elle ? Qu’est-ce qu’elle avait aimé chez moi ? Il fallait que je me résigne à la garder parmi mes souvenirs et je ne le voulais pas. Carole avait décidé pour lui et sans lui.

Mon monde venait de se vider de sa substance. Il n’ était plus qu’un cadavre inerte et absurde. Qui le ferait vibrer maintenant ? Elle m’avait communiqué le sens de la vie et le sens du rire, son insolence, sont goût pour les mimiques et les grimaces.

Elle venait de me quitter et avec elle s’envolaient la fraîcheur de vivre, les lagons bleus et les ciels étoilés. Les fleurs au printemps et les premières chaleurs de l’été n’auraient plus la même saveur. Elle avait tout rayé, tout balayé.

Les sanglots sont venus tout seuls. Ils venaient de loin, de plus loin que Carole et l’amour que je lui portais. Je me sentais nu et vide comme à ma naissance. Il pleuvait sur mon cœur des larmes de désespoir.

Les premières nuits je la cherchais dans le lit, ensuite elle venait régulièrement hanter mes rêves. Maintenant il n’y avait plus aucune trace d’elle dans la maison. J’ai jeté toutes les affaires que Carole n’avait pas récupéré. Le passé se dissipe et même si je sais au fond de moi que cette combinaison ne se reproduirait plus jamais, il fallait réapprendre à vivre, réapprendre tous les gestes de la vie quotidienne, apprendre a juguler tous les souvenirs pour devenir un autre. Il fallait renaître pour pouvoir peut-être un autre jour revivre ailleurs avec une autre.

Emmy
14.09.06

Alice

le 12/09/2006 à 15h33

Alice s’arrêta près des boîtes aux lettres, elle sortit une clé de sa poche et ouvrit la sienne. Au milieu de quelques dépliants publicitaires, elle trouva une enveloppe d’un jaune tendre.
Monsieur Gérard, le gardien, qui passait à ce moment là, ne put s’empêcher de regarder l’enveloppe que la jeune fille tenait entre ses mains. Il esquissa un sourire en disant : « Ah c’est beau l’amour ! » et partit en soupirant. Monsieur Gérard était veuf depuis très longtemps, Alice n’arrivait pas à donner un age à cet homme discret, poli et serviable qui donnait à lui seul une âme à cet immeuble cossu mais vétuste qu’elle habitait maintenant depuis 3 ans.
Alice adressa un sourire au gardien et rangea l’enveloppe jaune dans son sac a main. Elle sortit. La journée était superbe, elle avait trente minutes devant elle avant d’aller prendre le bus. Le Café des Arts avait installé des tables en terrasse, comme au printemps. Elle décida qu’elle prendrait son chocolat chaud dehors. Elle choisit une table, au soleil, et s’installa. Georges, le serveur vint la saluer avec un ton familier. Alice prenait son petit déjeuner tous les jours de la semaine au Café des Arts. Un chocolat chaud comme d’habitude mademoiselle Alice ? Elle acquiesça et sourit au serveur en lui lançant un bonjour frais et gai.

Quand le serveur fut reparti, Alice sortit l’enveloppe de son sac. Elle la décacheta lentement. Elle contenait une lettre pliée en quatre. Le papier était assorti à celui de l’enveloppe.

Alice commença à lire :

« Bonjour mon tendre amour,

Depuis quelques jours je m’efforce en vain de ne plus penser à vous, de vous oublier. Mais mon sentiment est trop fort. J’avais décidé de ne plus vous écrire mais ce soir, le cœur au bord des larmes je ne peux me résigner à vous oublier. Je reprends donc ma plume pour vous écrire après cette semaine de silence.
J’aimerais tant pouvoir vous rencontrer ma princesse, vous dire les yeux dans les yeux combien je vous aime, embrasser vos mains si fines et vos yeux si gais. Je vous ai déjà expliqué, c’est impossible pour le moment. Mais le jour viendra et je sais que vous ne serez pas déçue. On me dit plutôt bel homme et je saurai vous faire oublier tous ces mois ou vous me lisiez sans me connaître. »

Alice releva la tête les yeux humides. Le serveur était revenu avec le chocolat chaud et le posait sur la table.

- Il vous a encore écrit Mademoiselle Alice ?

Oui Georges mais je ne sais toujours pas qui il est, pas de nom, pas de visage …..

Le serveur partit et continua de prendre ses commandes. Alice essuya ses larmes avant de se remettre à relire la lettre.

« Je vous croise dans la rue, je vous suis parfois. Vous êtes mon soleil Alice. Dire que je vous aime toujours autant que le premier jour que je vous ai croisée, serait peu. Je vous aime chaque jour un peu plus ma princesse aux yeux rieurs.

Je vous aime Alice et je vous demande de me donner encore un peu de temps. Attendez-moi et vous saurez tout de moi. Je vous rendrai heureuse Alice, tellement heureuse….. »

Alice pleurait et n’arrivait pas a poursuivre sa lecture.

Le serveur s’était rapproché :

- Il ne faut pas vous mettre dans des états pareils Mademoiselle Alice, surtout pas pour un inconnu ! Je reconnais, depuis que vous m’avez fait lire une de ses lettres, qu’elles ont quelque chose que n’ont pas les autres. Quelque chose de plus, quelque chose de spécial. Allez, cessez de pleurer Mademoiselle Alice, un jour vous le verrez, bientôt peut-être, et vous l’emmènerez ici, promis ?

Le serveur tendit une serviette en papier à Alice, elle essuya ses larmes, se moucha et décida qu’elle n’irait pas en cours ce matin. Elle alla se promener sur les bords de Seine profitant pleinement de cette journée de février chaude et ensoleillée. Elle marcha des heures durant, pour se vider la tête.

Vers dix-sept heures elle retrouva son appartement. Un petit trois pièces coquet. Il était encombré de livres, de disques et d’une multitude de bibelots chinés par-ci par-là dans les brocantes et vide-greniers du coin.

Elle avait faim, elle se fit réchauffer une boite de raviolis sauce tomate qu’elle mangea dans la cuisine en silence, feuilletant distraitement le programme télé. Dans la rubrique pratique un article intitulé « Comment reconnaître l’homme de sa vie » la fit penser à la lettre enfouie au fond de son sac. Elle alla prendre la lettre dans le sac et alla la ranger dans sa chambre, dans une boite en carton qui en contenait déjà des dizaines.

Elle prit un bloc de papier qui se trouvait sur la console de l’entrée, son stylo plume et alla s’asseoir à la table en chêne qui se trouvait près de la fenêtre du salon. Elle prit le stylo et commença à écrire sur le papier jaune.

« Bonjour mon tendre amour,

Je t’ai suivie sur les bords de Seine aujourd’hui. Comme tu es belle ! Je t’ai observée de loin pour que tu ne me vois pas, pas encore. Je t’aime et j’ai passé la journée avec toi aujourd’hui. Je voulais enfin me montrer mais je ne peux pas encore. Si tu m’aimes comme je t’aime nous serons bientôt ensemble. Attends-moi je t’en prie ! Attends-moi, je t’aime ma princesse aux yeux rieurs »

Elle contempla la lettre qu’elle venait d’écrire, la plia en quatre et la glissa dans une enveloppe jaune tendre. Sur le dessus elle écrivit

Alice Gendre
37 Rue des Violettes
75012 Paris

Le lendemain, elle prit la lettre qu’elle rangea dans son sac. Elle la posterait au coin de la rue, comme à son habitude. Elle referma à double tour la porte de son appartement et comme tous les matins descendit les quatre étages en sautillant. Arrivée devant sa boite aux lettres, elle l’ouvrit. Au milieu des factures et des inévitables tracts publicitaires elle trouva une enveloppe jaune tendre.

Monsieur Gérard lança une fois de plus un regard amusé vers l’enveloppe qu’Alice tenait entre ses mains et la salua d’un rapide bonjour.

L’adresse était toujours aussi joliment écrite, stylo plume, encre bleue. Alice esquissa un sourire, un sourire surpris. Ce n’était pas son écriture ce matin.

Emmy
12.09.06

Bonne journée

le 12/09/2006 à 11h06


Ici les vendanges battent leur plein


Avec son cortège de stress et de mauvaise humeur


Du boulot par dessus la tête


Et pas trop envie d'écrire


Je sais que ça reviendra


Dans pas longtemps


Je vous embrasse

Bonne journée !

le 31/08/2006 à 09h45


Je ne suis pas très loin.......

Envie de rester encore un peu dans ma bulle pour retrouver toute mon énergie


Je ne vous oublie pas


Emmy

Dis, tu te souviens ?

le 24/08/2006 à 23h09

Dis, te souviens-tu de ce soir d’été ?

Moi je nous revois
Je nous revois encore
Gravir côte à côte
Les marches de ta garçonnière
Je nous vois encore
Devant les murs épais de pierre
Les fenêtres ouvertes sur le ciel

Dis, te souviens-tu encore de cet instant ?

Moi je me souviens de la seconde précise
Ou l’envie frôla nos corps
De cette seconde précise ou je n’eus pas envie
De faire demi-tour, de partir, de m’échapper

Dis, te souviens-tu de cette nuit ?

Il a suffit de ta main sur ma peau
Pour que l’instant bascule
Que l’étincelle jaillisse
Que nos corps deviennent des mèches
Qui incendient nos chairs
Avant de les enflammer tout entiers

Nos ombres dansèrent sur les murs toute la nuit

Dis, te souviens-tu de cette première nuit ?

Emmy
23.08.06








Ecume

le 22/08/2006 à 17h40

Et le ciel s’effondre encore dans les flots

Comme un bateau fantôme dans la pénombre.
Tes mots tanguent au rythme des larmes de fond,

Tu dérives et te noies dans le mensonge.
L’encre des lignes bouscule les parenthèses,
Le cœur entre guillemets devient la proie du vent,
L’horizon vacille ivre des immersions subies.
Tes mots touchent le fond, la vie agonise.
Haletant, ton cœur cherche encore un échappatoire
Le mensonge luit dans l’écume blanche de vomi
Ta mer n’est plus qu’une salissure abjecte.

Faire le point
Ne pas sombrer

Emmy
22.08.06



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