Voyage Intérieur

Je ne vous dirai plus

le 22/08/2006 à 00h33


Je ne vous dirai plus
Je garderai le silence
Avant que tous mes mots
Sincères
Deviennent votre pitance
Avant que dans vos bouches
Amères
Perdent toute leur substance
A vous je me suis livrée
Entière
Je vous ai fait confiance
Et vous m’avez trahie
À votre convenance

Je ne vous dirai plus
Je garderai le silence

Emmy
21.08.06

N'être

le 21/08/2006 à 19h06


N’être plus qu’un lieu vide, n’être plus rien, ni matière, ni consistance, ni substance ni chair. Un lieu ou chaque pas se perd, ou chaque pas devient poussière avant même de se poser. Ou chaque poussière se disperse dans l’air sans résonance ni trace. Plonger, s’enfermer dans le sombre règne de la nuit pour se calfeutrer pour tenter se préserver d’un monde impossible à comprendre, impossible à saisir et qui s’éloigne dans une agitation sourde et douloureuse. N’en percevoir même pas les murmures et ne rien en retenir. Se perdre dans cet ailleurs impalpable sans pesanteur, sans aspirations, sans respiration.



La vie comme elle vient

le 12/08/2006 à 16h46
  <<<<<<<<<   c'est ici !   cliquez sur le coeur

Une chanson que vous connaissez peut-etre et que je découvre avec plaisir
par Clémence

Nuit

le 10/08/2006 à 21h53

Douce Nuit

Elsa

le 07/08/2006 à 22h47


Il était trois heures du matin et elle était encore dehors. Les lacets de ses Doc Martens traînaient par terre et trempaient dans les flaques d’eau de pluie. Toute la ville était détrempée. Il pleuvait depuis maintenant trois jours. Elsa sentait l’humidité traverser son blouson. Elle marchait depuis longtemps, des heures, des jours peut-être. Elle aurait pu prendre le train ou le bus ou même le taxi. Elle avait de l’argent sur elle mais elle ne savait pas ou elle allait. Depuis qu’elle avait décidé de partir, elle passait régulièrement au distributeur de billets et elle retirait dans la limite de son plafond hebdomadaire. Son père approvisionnait ce compte qu’il avait ouvert pour elle le jour de ses douze ans. Il lui avait offert aussi une carte bancaire en lui expliquant qu’à compter de ce jour là elle devait gérer son argent de poche. Elsa pouvait retirer jusqu’à quarante euros par semaine. C’est comme cela qu’elle se retrouvait aujourd’hui avec quasiment mille euros en espèces.
 
Elle savait pourquoi elle marchait : tout d’abord la recherche de sa mère disparue sans crier gare. Elle est partie un matin au travail et elle n’est jamais rentrée. Ca pouvait paraître banal, classique, mais Elsa n’avait jamais réellement cru à une fugue. Il y avait tout au fond de cette gamine une douleur, une blessure qui ne cesserait jamais de saigner. C’est pour cela aussi que Elsa marchait. Elle se souvenait des dernières disputes de ses parents.

On avait attendu sa mère. Son père aussi attendait. Mais, qu’attendait-il ? Qui attendait-il ? Elsa avait peur, elle avait toujours su au fond d’elle que son père mentait. Mais, pourquoi les autres ? Pourquoi les autres mentaient aussi ? Tout le monde lui mentait. Elle sentait bien qu’on ne lui disait pas la vérité.

Elle marchait aussi pour oublier. Sa mère avait peut-être une autre vie ailleurs. Elsa pouvait maintenant le comprendre. Elle avait peut-être d’autres enfants ailleurs. C’est ce que son père laissait souvent supposer sans jamais être clair dans ses propos.

La pluie traversait maintenant le blouson. Elsa frissonnait. Elle sentait ses cheveux, pourtant très courts, goutter dans son cou. Elle se dit qu’elle avait de la chance d’être dehors fin avril et non fin février. Elle aurait voulu partir le même jour que sa mère, juste pour tester son père.

Avait-il averti la police ? Elsa était-elle recherchée ? Elle essuya les gouttes dans son cou du revers de sa main et elle revint à ses pensées. Elle avait mille raisons de marcher.

Elle marchait pour y voir plus clair. Ses pensées s’écoulaient de façon plus fluide en marchant.

Son père était devenu plus calme depuis le départ de sa mère mais il continuait à vouloir tout régenter. Souvent il demandait à Elsa de porter les vêtements de sa mère. Elle refusait même si la colère de son père la ramenait des années en arrière. Elle ne le ferait pas !

Deux jours avant son départ il insista à nouveau pour que Elsa porte la petite robe noire de sa mère. Elle refusa comme à son habitude mais il ne se mit pas en colère. Il serra la robe dans ses bras et il pleura comme un enfant. Elsa ne le redoutait plus mais elle avait du partir.

On la retrouverait sans doute aucun mais il fallait qu’elle prouve qu’elle pouvait réussir. Sa mère envahissait à nouveau les pensées de l’adolescente. Elle fit un effort pour trouver encore un motif pour marcher.

Elle marchait pour réussir. Elle réussirait encore comme au premier trimestre à être la première de la classe. Elle serait épargnée tant qu’elle aurait de bonnes notes. Son père le lui avait toujours dit, même sa mère lui disait avant son départ. « Travaille bien à l’école Elsa, je ne veux pas que tu sois malheureuse comme moi ».

Elle plongea les mains dans les poches de son blouson. Elle sourit. Elle aimait ce vieux blouson aux poches trouées. Elle sentait ses doigts s’engourdir avec le froid. Elle marchait, elle regardait ses pieds, elle avait les yeux lourds et la bouche amère.

Elle marchait à présent sur le bord d’une route. Elle regardait le bitume irisé de reflets d’hydrocarbures. Elle s’arrêta et se retourna pour regarder la ville au loin. Le soleil ne tarderait pas à se lever. Une brume effilochée montait du fleuve et s’étendait dans la vallée. Elsa aimait les paysages de printemps, elle admirait les courbes des collines le long du fleuve. Elle se dit qu’elle aimerait vivre ici le long du fleuve, seule.

Elle avait quitté la ville morne et triste ou il n’y avait plus de place pour elle. Elle ne voulait pas de cette vie bourgeoise, elle ne voulait pas de cette ville bourgeoise, elle ne voulait pas de ce père bourgeois.

Elle marchait dans la pluie, dans le brouillard, dans le vent. Sa montre indiquait six heures. Ca ferait bientôt douze heures qu’elle marchait.
Une gare était là devant ses yeux. Elsa eut peur d’être reconnue mais elle resta une inconnue parmi tant d’autres. Elle avança jusqu’au guichet et acheta un billet pour Forbach. Trente minutes avec les arrêts. Elle venait de mettre douze heures pour faire cette même distance.

Bientôt elle serait de retour à la maison. Elle prendrait son sac de cours qu’elle avait caché dans le garage. Son père serait rentré du travail et quand il lui demanderait pourquoi elle n’était pas là quand il est parti à l’hôpital pour sa garde hier soir, elle lui répondrait qu’elle s’était attardée chez Marina.

Elsa monta dans le train, sortit de sa poche une enveloppe et regarda la photo à l’intérieur. Elle sourit, longuement.

La fille sur la photo lui ressemblait étrangement. Elle devait avoir une dizaine d’années. Elsa n’irait pas à Nantes. Elle ne voulait plus rien savoir. Ni ce qu’était devenue sa mère ni ce qu’était cette gamine qui lui ressemblait de façon aussi frappante. Elle déchira la photo et alla s’asseoir dans un compartiment vide. Elle regardait la pluie couler le long de la vitre et s’endormit avant d’arriver à Forbach.
 
Quand le contrôleur réveilla l’adolescente trempée en annonçant le terminus, Elsa, les yeux encore embués de sommeil, lui répondit : Je rentre chez moi, monsieur,  et j‘espère que mon père ne va pas trop me gronder car je l’aime.

Emmy
07.08.06


Aujourd'hui

le 07/08/2006 à 10h16


Sérénité


Je savoure...

Carole

le 03/08/2006 à 08h50

 

 

Je la vois, assise sur notre lit, pensive, triste, abattue. Il faut qu’elle comprenne qu’elle ne doit pas culpabiliser. C’est elle qui part mais c’est moi le fautif. Il faut absolument que je lui parle ce soir, cette tension a assez duré ! Je veux la rassurer, je l’aime même si elle pense le contraire aujourd’hui.

« Ne me regardes pas comme ça ! Depuis quand tu sais ? Je n’ai jamais voulu te le cacher. Tu sais, je la connaissais déjà avant toi. Je suis coupable, oui, coupable de ne pas te l’avoir dit, coupable de ne pas avoir voulu l’effacer à cause de nous pour te le reprocher ensuite. »

Thomas tu t’emportes là, à la place de la rassurer, tu l’agresses comme tu as su faire ces dernières années.

« Tu sais Valérie, je t’aime, je ne suis pas ici pour te faire culpabiliser ou te faire du chantage. Tu pars et je suis malheureux mais je sais aussi que c’est de ma faute. »

Elle ne répond toujours pas, dehors le vent se lève avec une rare violence, les volets frappent. Je pense aux enfants qui dorment à l’étage, j’essaye de réfléchir à la meilleure façon de leur dire que leurs parents divorcent. Je m’assois au bord du lit et je prends sa main dans la mienne.

« Depuis quand tu sais Valérie ? dis-moi le je t’en prie. Depuis que tu éteins pour faire l’amour ? Depuis quand ? »

Je n’attends même pas une réponse, j’attends plutôt des questions, mais Valérie reste muette, immobile et muette.

« Je n’ai jamais pu t’en parler, je n’ai jamais pu prononcer son nom en ta présence. Je pensais pouvoir rester fidèle à deux femmes à la fois. Je vous aime toutes les deux Valérie, tu m’entends ? J’ai cru que tu ne te doutais de rien puis que tu ne me posais aucune question. Les séminaires, les voyages d’études, les réunions du soir… Je t’ai rendu malheureuse, je vous ai rendu malheureuses toutes les deux »

Faut-il que je continue de lui parler ? Je ne sais même pas si elle m’entend, si elle m’écoute. J’ai l’impression qu’elle me laisse aller jusqu’au bout.

« Tu sais Valérie, quand nous nous sommes connus je lui ai tout de suite parlé de toi. Elle m’a dit qu’elle sentait la passion entre nous, qu’elle sentait qu’elle me perdait. Valérie, il faut que tu me crois, c’est pas contre toi que je l’aime ! Elle a refait sa vie à plusieurs reprises mais sans succès. J’ai quitté le lycée pour vivre avec elle. Elle avait deux ans de plus que moi et son bac en poche. Puis, il y a cet enfant qui n’est pas né… »

- Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé Thomas ? Elle me connaît ? Elle me déteste ?

« Non Valérie, non, elle m’aime comme je suis, c’est à dire avec toi, sans ambiguïté »

- Tu crois que c’est à cause d’elle que je te quitte Thomas ?

Soudain elle me fixe, sans larmes, sans rage, sans hostilité.

- Le bonheur on l’a eu Thomas, maintenant je te rends ta liberté. Je ne suis pas ta prison, je ne suis pas une obligation, je ne suis pas une excuse ni nos enfants non plus.

Je repars, comme un amant clandestin. Pourquoi je ne lui ai pas dit que Carole était morte dans un accident bien avant notre rencontre ?  Sa voiture était tombée dans un ravin le soir ou elle était venue m’annoncer qu’elle attendait un bébé, notre bébé. Carole ne vit plus que dans mes souvenirs. Pourquoi je mens à Valérie? Elle partira demain matin, elle sera aussi un merveilleux souvenir.

Emmy
01.08.06

Clin d'oeil

le 01/08/2006 à 09h44

Et oui !  Je fais souvent répéter !!!! 
Ravie de ne pas être parfaite .......

Nathalie

le 01/08/2006 à 09h28

« Mais non ! Ecoutez-moi Louise, je vous ai déjà dit qu’il ne fallait pas vous promener toute nue dans les couloirs. Puis, ne m’appelez pas maman, je ne suis pas votre mère, je suis Nathalie, l’aide soignante. Décidément vous êtes mure vous ! Je vais être obligée d’appeler l’infirmière pour qu’elle vous fasse une piqûre ! Et maintenant vous pleurez ! Arrêtez de vous comporter comme une enfant Louise, pour l’amour de Dieu. Comment vais-je y arriver si tous les pensionnaires se mettent à faire comme vous ?
Lâchez ma blouse Louise ! C’est bon là. D’accord, je n’appelle pas l’infirmière mais il faudra quand même que je consigne votre comportement sur mon rapport. Allez, recouchez-vous, c’est l’heure de la sieste et puis, surtout rhabillez-vous, sinon je cours chercher de l’aide. Aujourd’hui c’est Ghislaine qui est de garde et vous savez qu’elle n’est pas douce.

Bon Louise, c’est fini maintenant ! Si tu continues comme ça tu n’auras pas de cadeau pour Noël ! C’est bien, tu vois, quand tu veux, tu sais être sage pour faire plaisir à maman. Un bisou ? Tu veux un bisou avant de dormir ? Le voilà ma puce. Allez, endors-toi, maman passera te réveiller quand l’heure de la sieste sera finie, et surtout, tu ne te lèves pas, si tu as envie d’aller aux toilettes tu m’appelles, d’accord ? »

Je n’en peux plus moi ! S’il n’y avait que Louise mais ils sont tous comme ça ici. C’est épuisant. Cet après-midi c’est Louise qui commence, je crains que Henry ne suive. Je l’ai vu nous regarder dans le couloir le temps que je négociais le retour de Louise dans sa chambre. Il fait chaud, le directeur refuse de climatiser sous prétexte que le budget ne le permet toujours pas. Il ne voit pas qu’ils souffrent de cette canicule ces pauvres petits vieux ? Nous aussi, mais nous c’est moins grave ! Cette chaleur aggrave leurs délires. Ils ne dorment plus, ils ne mangent plus mais ils font pipi et caca partout. J’en ai marre de nettoyer leurs saletés ! Ce n'est pas de la motivation qu’il faut pour travailler ici, c’est plus, beaucoup plus. Ce métier est quasiment un sacerdoce.
Je les aime pourtant les pensionnaires, sinon je serai partie depuis longtemps. Ils sont si perdus et si attachants ! Je me questionne toujours sur les protocoles appliqués, fait-on tout ce qu’on peut pour les aider à ne pas sombrer ? Fait-on tout ce qu’on peut pour que leur cas ne continue pas à s’aggraver ? Est-ce qu’il est bon de les suivre dans leurs délires ?
Je crois que je me pose trop de questions, c’est sans doute pour ça que ce travail me fatigue. Je me sens usée.

Oh non ! Pas lui ! Henry je m’y attendais mais pas Léopold ! Et en plus il en a mis partout dans le couloir !

« Léopold ! Vous arrêtez tout de suite ! Ne voyez-vous pas que vous êtes en train de peindre avec vos excréments ? Non ! Vous n’êtes pas Vincent !! Et votre oreille est toujours là ! Léopold Grimaud ! Vous vous appelez Léopold Grimaud ! Vous avez soixante-quatorze ans et vous êtes atteint de la maladie d’Alzheimer. Et moi je suis Nathalie, aide soignante dans cet établissement ou vos enfants vous ont placé et j’en ai assez de nettoyer votre merde à chaque fois que vous vous prenez pour Van Gogh ! »

Je ne sais même pas par ou l’attraper pour le conduire aux douches. Tiens, voilà Paul l’infirmier. Il va bien falloir qu’il m’aide là, je n’ai pas assez de force pour pousser Léo et je n’ai pas vraiment envie de rentrer dans son délire aujourd’hui. Quand je fais semblant d’y croire il me prend pour son amoureuse, ce qui me rassure c’est qu’il fait ça à toutes les femmes du centre !


« Ah , Paul ! Tu me sauves la vie mon grand ! Je n’en peux plus, je viens à peine d’en finir avec la mère Barcelo qui se promenait encore toute nue dans le couloir. Tu veux bien prendre Léo en charge ? J’ai encore la tournée boisson à faire avant de partir et si je douche Léo je n’aurai plus le temps. Merci, tu es un ange ! »

Il est gentil Paul, je crois que je lui plais mais en ce moment je n’ai pas du tout la tête à ça. Je le vois me regarder tout en poussant Léo vers sa chambre. Il me plait, mais on ne mélange pas travail et vie privée. Peut-être quand je serai partie du centre. Des fois je me dis que je n’arriverai jamais à les laisser mes petits pensionnaires, même s’ils m’en font voir de toutes les couleurs.

« Allez Margaux, vous savez bien qu’il faut boire par cette canicule ! Si, si ! Finissez-moi ce verre, faites-moi plaisir… regardez Denise elle a tout bu ! Mais oui, je sais Denise est plus grande, mais vous allez y arriver, allez, encore un petit effort ! Mais non, je ne vais pas vous punir de récré, il n’en est pas question, vous buvez en en point c’est tout ! Si vous ne sortez pas en début d’après midi c’est parce qu’il fait trop chaud et non parce que vous êtes punies !
Oui, oui, je sais que vous connaissez votre poésie par cœur. Oui, Margaux, je vais en choisir une pour la fête des pères parce que la fête des mères est déjà passée… c’est bien Margaux, vous voyez que vous y arrivez quand vous voulez ? Le verre est vide. Reposez-vous maintenant, le feuilleton va commencer »

Emmy
01.08.06


Réveille-moi tôt

le 31/07/2006 à 17h51

Réveille-moi tôt

Réveille-moi tôt
Pour voir et revoir
Le lever de soleil
Dans tes yeux

Réveille-moi tôt
Pour voir et revoir
Les traces de nos pas
Sur le sable doré

Réveille-moi tôt
Pour défier le vent
Qui voudrait effacer
Ces instants de nos cœurs

Réveille-moi tôt
Et cherchons-nous encore
Tendrement
Du bout des yeux
Doucement
Du bout des doigts

Inventons un nouvel alphabet
Pour réécrire la vie 
La dessiner sur le sable
Sur toutes les plages
Sur tous les océans.


Réveille-moi tôt

Emmy
31.07.06

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