Voyage Intérieur

Paysage d'Hiver

le 18/02/2005 à 14h14

Paysage d'Hiver

La terre meurtrie et froide
Emerge d’un brouillard épais
Par-ci, par-là un arbousier
Timide de ses fruits parade
Contraste saisissant parfait.

Soudain un rayon de lumière
Sur ce sol vierge, fort et gris
Vigne dormant sur le schiste
Triste pleure de son bois durci
Espoir que le dur hiver éclaire

Au loin, emmitouflé, frissonnant
Noyé dans un paysage sévère
Terre dure volée à la garrigue
Un vigneron travaille, austère
Rêvant d’un breuvage enivrant.

Pierres précieuses, choyées
Eclatant de mille facettes
Fidèles gardiennes de l’histoire
Authentique terre d’ascète.
Rudes paysages sublimés

Complice de la bonne table
Connivence des regards
terroir à même le roc
Comme nul nulle autre part
Berceau de breuvages aimables

De saint Chinian à Faugères
Territoire envié, préservé
Un terroir sans concession
Nectar qui a su m’enivrer
Garrigues, épices et lumières.


Emmy

Délire-Acrostiche

le 16/02/2005 à 10h29
Joutes de mots
Frissons de bonheur
Recherche de rime, raté !
Eclats de rire, plein !
Douce Complicité.


Je voudrais aujourd'hui
Etre à jamais ton amie
Tant que le monde
Apprend à sourire, restons
Immobiles et sérieux
Mourons d'envie de bras
Emouvante et douce histoire


Ecoute encore et encore
Ma machine à délires
Mots toujours EN VRAC
You are my favorite Dream 



Emmy

Fuyez !

le 14/02/2005 à 20h01

Fuyez

Fuyez sur mon passage aujourd’hui les amis
En ce jour funeste et noir rempli de rage
Et surtout, amis, n’en prenez ombrage
Laissons place nette à l’antinomie

Ce mal sourd que mon cerveau taraude
Mon cœur détruit et vide de son sang
Cette vive douleur que ma vie érode
Pouvoir mourir une épée dans le flanc

Venir vous dire doucement ça me tue
De savoir que mon fils est né trop tôt
Et encore mes yeux les larmes embuent
douleur qui martèle l’inlassable tempo

Pour lui le soleil et les anges pleurent
Ni étoiles ni lune ne verrez cette nuit
Bien souvent le deuil n’est qu’un leurre
Et que tout être dans notre cœur vit

Un souffle glacial que jamais s’arrête
T’a donne la mort avant de voir la vie
Devant mes yeux ton image est si nette
Comme ce matin de février sous la pluie

Tu vis avec nous et dans moi mon enfant
Toi fruit d’amour qui n’a pas pu grandir
Seize ans après cette douleur fendant
Mon cœur, je ne peux toujours pas assourdir

Emmy

14.02.05

L'amour

le 13/02/2005 à 23h40

L'amour

Mais comment te résumer
L’amour dans un poème
Qui saurait disserter
Sur ce bonheur extrême

Il est mon sang et ma vie
Ma raison et ma folie
L’amour vrai dépasse les mots
Point de points cardinaux

Au nord et j’en perds la tête
Les sens sans dessus-dessous
Ton cœur de mon cœur poète
Bleu ouragan et désir fou

A l’est le cœur bat plus fort
Les yeux brillent de désir
Douce lutte contre la mort
Il nous conduit au plaisir

L’ouest tous les sens aiguise
sous les doigts la peau frissonne
Le corps savoure la brise
Et partout les mots résonnent

Au sud le soleil tout baigne
Amoureux, main dans la main
Même l’air l’amour imprègne
Au départ du long chemin

L’amour c’est tout ça mon ange
L’est, l’ouest, le sud, le nord
Les points cardinaux ne changent
Un rempart contre la mort

Emmy

Illustration : Nathalie Buzaré

12.02.05

A mon Père

le 11/02/2005 à 23h01

A mon Père

Modeste hommage à mon père
À cet enfant en souffrance
Arraché loin de sa terre
Triste, l’âme en errance.

En France ou en Espagne
Existe un devoir de mémoire
Que plus jamais la terreur gagne
Pérennisons l’histoire

Prisonnier hors de sa terre
Ne disons pas « déporté »
Car ce mot est réservé
Aux victimes d’autres guerres

Espagne républicaine, rouge
Luttant contre l’atrocité
Pour que les idéaux bougent
Vers un vent de liberté

Barcarès, Saint Cyprien
Autant de camps de la mort
Saurons-nous pour combien
Furent leur tout dernier port

Quatorze ans et trop de peur
Loin de sa Catalogne natale
Pas question de vivre ailleurs
Plutôt sa vie à deux balles

Quinze ans et retour au pays
Confronté à la dictature
À la faim face aux nantis
La vie n’en fût que plus dure

Quinze ans et privé de tout
De racines, de nourriture
Fallait aller jusqu’au bout
Se battre pour le futur

Et puis la vie vous atteint
Et la lutte devient dure
La tristesse vous revient
La dictature perdure

Vous vous taisez ou on vous tait
C’est la prison qui nous guette
Le mal est installé et fait
Et c’est la fin de la quête

On se mure dans le silence
Parlant sa langue en cachette
On attend que la vie avance
Jamais liberté ne s’achète

Mort programmée et parfaite
Culture forte, enracinée
Enterrée, exilée, muette
Une langue prohibée

Assez le racisme à l’école
La culture qu’on nous vole
Les gifles à la maternelle
La révolte nous appelle

Assez les propos aliénistes
Effaçons tous les fascistes
La liberté de parole
Doit régner même à l’école

Presque quarante ans plus tard
Sa revanche a un nom de fille
Celle pour qui ses yeux brillent
Le miroir de son regard 


Emmy

11.02.05

Verdad !

le 10/02/2005 à 16h37

Verdad

Verdad, yo te digo la verdad
LLora pero mira adelante
No te vuelvas caminante
Verdad, yo te digo la verdad

Coge un instante las estrellas
Y mira como son bellas

Verdad, yo te digo la verdad
Rie como rien tus ninos
Cubrelos de mil carinos
Verdad, yo te digo la verdad

Deja de respirar el pasado
Tiendras el corazon quemado

Verdad, yo te digo la verdad
Abre los ojos al color
Tu corazon al amor
Verdad, yo te digo la verdad

La Verdad es el Amor

Emmy

10.02.05


Pour Catherine, Catoxique

Au Coeur de l'Algérie

le 10/02/2005 à 14h15

Photo de Michael Von Graffenfried

AU COEUR DE L'ALGERIE


Août 1976 Sidi-Fredj , neuf heures du matin.

Regarde mon amour, là bas, de l’autre coté de la mer une autre vie nous attend, une vie ou tu pourras étudier, travailler, sortir si tu en as envie,
t’habiller comme les filles des magazines.

Ne sois pas triste parce que je pars demain. Je reviendrai dans six mois, dans un an, dès que j’aurai trouvé du travail. Nous nous marierons et nous partirons nous installer en Europe. Tu pourras enfin faire ce que tu auras envie de faire Zaïda.
Tu seras LIBRE !

Zaïda n’a des yeux que pour Mourad.

Ne pleure pas mon amour, il ne faut pas être triste, nous avons toute la vie devant nous. Je t’aime et je veux que tu sois heureuse, que tu puisses te promener les cheveux au vent, vêtue d’un pantalon si tu en as envie et devenir institutrice. Tu en rêves depuis si longtemps. Je travaillerai pour que tu y arrives.

Elle s’est donnée à lui.

Mourad a embarqué sur un ferry à Oran le lendemain à 10 heures.
Il écrivit à Zaïda tous les jours mais ses lettres restèrent sans réponse.

Zahïa, 18 ans, a été mariée malgré elle à son oncle Youcef, 42 ans.

N’ayant pas pu prouver sa virginité elle a été ruée de coups.

Elle est morte à l’hôpital d’Oran trois jours plus tard.

Mourad est revenu s’installer en Algérie. Il est le seul visiteur de la tombe de Zaïda, assassinée par celui dont elle n’avait pas voulu comme époux et reniée par toute sa famille.

Emmy

A Clémence et Noémie

le 06/02/2005 à 23h00

Ange de Tristess, Ange Noir


Perchée en haut d’une falaise,
Face au monde, dubitative
Rien dans ta vie ne t’apaise,
Corps et âme, tout dérive.

Tes pleurs, tes appels, tes cris
Sont tous restés sans réponse
Muets comme tes non dits
Comme les mots que tu énonces

Petite femme, fille, ange noir
A la solitude qui pèse
Comment ne pas s’en vouloir
De cette vie qui te lèse ?

Que de solitude ! tu en crèves !
Même le ciel pleure pour toi
Pourtant de la vie tu rêves
Toi que seule la mort côtoie

Départ programmé, imminent
Descente aux enfers rapide
Debout, tu renies ton présent
Et tu sautes dans le vide.

Petite femme, fille, ange noir
A la mort prévue, légère
Vie au bout du désespoir
Partie vers d’autres chimères

Impuissante, les yeux lourds
Les larmes à moi ne viennent
Sordide compte à rebours
Tristes cœurs en quarantaine

Mais comment rester de glace
À tes mots pleins de douleur ?
Que cette vie te laisse lasse !
Ton cœur n’est plus que noirceur

Petite femme, fille, ange noir
Vole de tes ailes toutes neuves
Pourquoi tu n’as pas su vouloir
Que ta vie soit moins brève ?


Emmy

06.02.05

 

Même

le 06/02/2005 à 17h24

Même

Même si la mort coule dans tes mots
Enfant au regard triste, au regard blême
Même

Même si tu crois que la vie ne t’aime
Enfant errant le long de noirs canaux
Même

Même si la mélancolie, cet anathème,
Te prend la vie en te rendant accro
Même

Même si déçue tu n’oses plus que le solo
Enfant nue et seule devant ton dilemme
Même

Saches dans ta solitude : quelqu’un t’aime !
Et pars à la recherche de nouveaux mots
Cachés . Tu découvriras tout un langage,
des maux qui se transforment et parsèment
ta vie d’une nouvelle dimension, l’amour
Et l’amitié relèveront les couleurs blêmes,
Un sourire peut faire naître une passion.

Regarde loin devant !
Quelqu’un t’aime

Emmy

06.02.05



Pour Darkleia et Camomille

L'Amour

le 05/02/2005 à 00h23

"Qu'est-ce donc que l'amour, si ce n'est de se comprendre et de se réjouir en voyant quelqu'un d'autre vivre ?"
Nietzsche

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